On s’était pourtant promis

En mars 2020, il y a un peu plus de 2 ans jour pour jour, le covid faisait irruption dans nos vies, nous forçant à rester enfermés chez nous. Le premier confinement, le début d’une crise mondiale, la concrétisation d’un cauchemar que nous n’avions pas vu venir, ou bien sur lequel nous avions simplement fermé les yeux. Le monde a changé, nous avons pris conscience que nos actions avaient un impact, que nous pouvions être responsables de conséquences importantes. Nous avons changé nos habitudes : certains se sont (re)mis à cuisiner, d’autres ont appris à faire du pain, d’autres encore se sont mis à la couture, au tricot, ou se sont (re)mis au sport. Nous avons compris que les relations étaient précieuses, que nous n’accordions pas assez de temps, ou d’importance, aux choses les plus cruciales de nos existences : les contacts sociaux, notre santé, le fait maison, le local, le sens de notre quotidien. Nous avons appris à profiter de chaque instant. Nous avons appris à être heureux de pouvoir sortir prendre le soleil, et de simplement sentir ses rayons sur notre peau.

Nous avons réalisé que surconsommer des produits venant de l’autre bout de la planète, fabriqués par des enfants, ou des adultes, dans des conditions misérables, avec des produits dangereux pour la santé, c’était à bannir. Nous avons appris que ce sont les choses les plus simples qui pouvaient apporter le plus grand bonheur. Alors beaucoup d’entre nous se sont informés, se sont battus, pour parler du changement climatique, de l’urgence de prendre action. Nous avons changé nos habitudes, de force ou de plein gré. Et c’était bien ! On a pu remettre en place certaines priorités, et nous avons pu voir une amélioration incroyable au niveau de la pollution mondiale. Une vie plus lente, une vie plus sobre, une vie différente, une vie meilleure.

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Et puis nous nous sommes habitués. La crise a continué, mais différemment. De multiples théories ont émergé, on a crié au complot, on a crié pour le droit de nos libertés. On a eu des assouplissements, des reconfinements, à nouveau des assouplissements, un covid safe ticket – l’autorisation ultime pour accéder à nos plaisirs que nous pensions dûs. Et enfin, le fameux « retour à la vie normale », que nous vivons depuis peu en 2022. Nous, c’est la Belgique, et l’Europe, globalement, parce que ce n’est pas partout pareil.

Non, ce n’est pas partout pareil. Parce qu’il y a encore des enfants et adultes travaillant dans des conditions déplorables pour produire des objets dont on a aucune utilité véritable, qu’on va acheter à outrance, clamant ensuite que le coût de la vie est trop cher avant d’aller se payer un bon fastfood qui nous coûtera encore plus, en attendant notre colis, et en oubliant pas de râler sur le facteur qui n’aura pas bien sonné et sera reparti avant qu’on ait eu le temps de venir lui ouvrir, nous forçant à nous déplacer jusqu’au point de collecte, se trouvant à 10 minutes de chez nous – oui mais vous comprenez, le temps, c’est de l’argent.

La logique capitaliste est rapidement revenue à l’avant-plan, nous faisant soudainement oublier toutes les belles leçons que nous avions tirées deux ans auparavant, toutes ces belles promesses que nous nous étions faites. N’avons-nous réellement des valeurs que lorsque nous n’avons pas le choix ?

Alors oui, il y a ce magnifique argument que l’on peut souvent voir : « c’était une période difficile, et tu comprends, je mérite quand même de me faire plaisir« . Bien, très bien. Sauf qu’il me semblait qu’on avait appris que les choses les plus simples étaient source de plaisir et de bonheur. Pourquoi avons-nous subitement besoin de voyager 10 fois par an sous couvert d’avoir besoin de profiter de la vie tant qu’il en est encore temps, et d’acheter toujours plus de vêtements, toujours fabriqués à l’autre bout du monde, dans des industries manquant absolument d’éthique, alors qu’il existe aujourd’hui de plus en plus d’alternatives ? Se faire plaisir est-il donc forcément synonyme de surconsommation en tout genre ? N’avions-nous pas découvert de magnifiques moyens de vivre autrement ? Plus respectueusement des êtres vivants et de notre planète ?

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2022 ne rime pas avec la fin de nos cauchemars, étant donné que nous avons enchaîné avec une guerre que nous n’avions une fois de plus, pas vue venir, ou encore une fois, sur laquelle nous avions fermé les yeux. Cette nouvelle est arrivée comme un boulet de canon (sans vouloir jouer sur les mots), et semble tous nous avoir surpris. Pourtant, la guerre, ce n’est pas neuf. L’Afghanistan, la Syrie, ou encore le Mali (pour ne citer que ceux-là) auraient beaucoup de choses à nous dire. Oui, mais cette fois-ci, c’est un peu trop près de nous, alors ça fait peur, tu comprends… Alors on se mobilise, on essaye d’aider. Et là aussi, c’est marrant, parce que pour les autres, on se disait plutôt que ça serait bien qu’ils arrêtent de venir profiter de notre système. (Inutile de rappeler que notre système n’est en aucun cas en difficulté à cause de l’immigration ou des réfugiés, mais l’est en tout cas à cause des incapacités de travail et invaladités de plus en plus nombreuses, mais c’est un autre sujet)

Bref, tout ça pour dire qu’un article est sorti tout récemment dans le journal scientifique Nature, et qu’il est alarmant. Le réchauffement climatique nécessite une attention majeure et urgente. Nous n’avons plus le temps de vouloir profiter de la vie. Il est temps de (re)changer nos habitudes. Pas dans 10 ans, pas demain, mais hier, et donc maintant, et à chaque instant.

Attention, je ne suis pas en train de dire que la guerre n’a pas d’importance, car elle en a. Nos actions peuvent très bien être mises en place en parallèle. Attention, je ne dis pas non plus qu’il faut être parfait en tout et tout le temps, mais avec tout ce qu’on sait aujourd’hui, il y a quand même des bases qui peuvent être posées : non Michèle, ce n’est pas bien de commander sur Shein ou Amazon. Oui Jean-Claude, je sais que c’est moins cher, mais tu sais aussi bien que moi que ce petit top et ce gadget rigolo, tu n’en as pas besoin. Et si vraiment tu en as besoin, tu peux économiser pour l’acheter localement, dans une entreprise éthique, et tu auras en plus la valeur du mérite d’avoir travaillé un petit moment pour l’avoir, ce qui te rendra plus heureux en prime – c’est la satisfaction ou la gratification différée, et c’est pas moi qui le dit, c’est la science (l’article référencé est un peu long mais promis il est drôle et contient plusieurs références super intéressantes présentées de manière ultra abordable pour bien comprendre le phénomène).

Photo de N Jilderda sur Pexels.com

Donc ça y est, 2022, il est temps d’arrêter de fermer les yeux. Il est temps d’agir. Il est temps de prendre action. Il est temps d’être solidaires. Il est temps de penser à l’avenir, pas celui dans une heure quand on pourra prendre notre apéro, mais celui dans un an, 10 ans, 30 ans, et même au-delà si on a un peu de chance. Il est temps, tout simplement.

Ps : tu me verras profondément désolée de revenir, après environ un an d’absence sur le blog, avec un article de ce genre, mais je ne suis pas désolée du tout. Je suis fatiguée, comme toi, de voir les catastrophes arriver les unes après les autres, et qu’on puisse encore croire qu’on y est pour rien. Moi, comme toi, comme tout le monde, avons un rôle à jouer. Petit colibri avait raison depuis le début, alors allons l’aider à éteindre le feu.

Des bisous ♥

Sarah

2 réponses à « On s’était pourtant promis »

  1. […] des autres, mais bien une question de survie. Comme je le disais peut-être un peu violemment dans mon article précédent, le changement c’est hier qu’il devait avoir lieu. Depuis que j’ai compris ça, […]

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  2. […] des autres, mais bien une question de survie. Comme je le disais peut-être un peu violemment dans mon article précédent, le changement c’est hier qu’il devait avoir lieu. Depuis que j’ai compris ça, […]

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